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Sommet Russie/Afrique, le ministre Magassouba en VRP de la politique minière de Guinée (De notre envoyé spécial)

Au forum Russie/Afrique (du 23 au 24 octobre), le ministre guinéen des Mines, Abdoulaye Magassouba était l’un des animateurs du panel : ‘‘Les minerais africains au profit des peuples d’Afrique.’’ Devant un parterre d’invités, il a dès l’abord, rappelé que la Guinée a un potentiel minier exceptionnel par la qualité, par la quantité et par la diversité de ses ressources. 

Selon lui, avant l’élection du président Alpha Condé en 2010, le ‘‘secteur n’attirait pas d’investissement à cause des problèmes de gouvernance, notamment l’opacité et la corruption’’.

Une situation qui a changé ‘‘dès son élection, il a décidé d’opérer une transformation radicale dans la gouvernance du secteur avec un vaste et profond processus de réformes’’.

Des reformes, il y en eues et le ministre cite quelques-unes qui ont eu pour effet de faire de la Guinée un pays sûr sur lequel les investisseurs peuvent parier. Mais aussi faire profiter à la population, les retombées des mines. Il s’agit de :

  • L’adoption d’un Code minier incitatif en 2011 et amendé en 2013 ;
  • La modernisation et la mise en ligne du Cadastre minier ;
  • La conformité à l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) avec la publication en ligne de toutes les Conventions signées avec les sociétés minières ;
  • La mise en place du Fonds National de Développement Local (15% des revenus minier via l’ANAFIC) et la contribution des sociétés minières au développement local (0,5 ou 1% du chiffre d’affaires).

‘‘L’impact des reformes, précise-t-il, porte notamment sur : Des projets engagés pour plus de 10 milliards de dollars de 2011 à date, dont près de 4 milliards de dollars déjà investis, contre moins de 5 Milliards entre 1958 et 2010 ; La production de bauxite est passée de moins de 20 Mt à 60 Mt en 2018 (et devrait atteindre 70 Mt cette année), faisant passer le pays de la 7 e à la 3 e place mondiale devant le Brésil, et derrière la Chine et l’Australie ; Plus de 50 000 nouveaux emplois sont créés ; Une augmentation des revenus de l’Etat (+46% en 2017 selon l’ITIE). Une grande diversité des pays d’origine des financements (Russie, Allemagne, Chine, États-Unis, Émirats Arabes Unis, Grande Bretagne, Afrique du Sud, Australie, Inde etc.) avec de plus en plus de banques commerciales privées en plus des agences bi et multilatérales’’.

Les défis

Le ministre guinéen des mines, devant un auditoire attentif reconnait que ces progrès n’excluent pas d’importants défis à relever. Ceux-ci sont entre autres, la diversification de la production minière, la transformation locale des produits miniers, le renforcement des capacités des acteurs, la gestion durable des impacts (environnementaux, sociaux et économiques) du développement du secteur minier.

‘‘Pour réussir la diversification de la production minière, ajoute le ministre Magassouba, l’Etat a finalisé le projet de géophysique au 1/100 000 e avec une meilleure connaissance du potentiel sur d’autres substances telles que les métaux de base (le Cuivre, le Chrome, le Cobalt, le Zinc, le Plomb, le Nickel, etc.), l’uranium, le sable noir, les terres rares, etc.’’

Quid des relations avec la Russie ?

Selon le ministre des Mines et de la Géologie, ‘‘le domaine de l’exploration minière est un domaine prioritaire dans la coopération avec la Russie, compte tenu de l’expertise des compagnies russes ainsi que leur connaissance de la géologie de la Guinée pour avoir fait d’importants travaux d’exploration en Guinée par le passé’’.

Et donc, ‘‘nous proposons un modèle en PPP (partenariat public privé, NDLR) avec un partage des découvertes avec la société privée qui investit dans l’exploration’’.

Par ailleurs, ‘‘la mise en œuvre de la nouvelle politique minière en faveur de la transformation locale a permis d’initier six nouveaux projets de raffineries (SMB, SBG, SPIC, TBEA, Chalco, Kimbo), et un nouveau projet de fonderie d’Aluminium (TBEA)’’, mentionne-t-il.

Avant de saluer ‘‘la relance de l’usine d’alumine de Friguia par la société Rusal qui développe aussi un projet de bauxite en Guinée dans le cadre d’un solide et prometteur partenariat avec la Guinée’’.

Faire des mines, le levier d’un développement des collectivités

Après l’intervention du ministre, nous rencontrons dans la salle, une marocaine en train de vanter le programme de soutien des mines guinéennes aux collectivités locales. ‘‘Je crois que c’est une première en Afrique’’, avance-t-elle. Il s’agit en réalité de quoi ?

Le ministre dans son intervention, avait révélé au public, ‘‘pour améliorer les bénéfices économiques pour les populations les initiatives suivantes ont été mise en œuvre : L’octroi de 15% des revenus miniers a l’ensemble des collectivités du pays pour le financement de projets initiées par ces collectivités à la base ;

La contribution des sociétés minières au développement local (0,5 ou 1% du chiffre d’affaires), en plus de leurs propres projets de développement local ; L’utilisation des revenus miniers comme levier de financement des infrastructures, notamment l’énergie et les infrastructures de transport ; La politique de partage des infrastructures minières au profit d’autres secteurs de l’économie ; La politique de promotion du contenu local en faveur des emplois et achats locaux auprès des PME’’.

Des mines un catalyseur du développement durable des autres secteurs de l’économie nationale

Les autorités guinéennes sont conscientes du fait que les mines sont des ressources épuisables. Elles travaillent alors pour ‘‘une meilleure intégration harmonieuse des mines au reste de l’économie par ces différents mécanismes, tout en protégeant l’environnement, (ce qui constitue) le meilleur moyen d’avoir des bénéfices pour les populations locales et faire des mines un catalyseur du développement durable des autres secteurs de l’économie nationale pour rendre cette économie plus diversifiée et donc moins dépendante du secteur minier. Ceci est l’objectif ultime de la politique minière portée par le Chef de l’Etat, le Pr Alpha Condé’’, explique le ministre.

Avant d’inviter les ‘‘investisseurs russes à rejoindre Rusal, et Norgold qui investit dans l’or, pour saisir les immenses opportunités dans le secteur minier, au-delà de la bauxite et du fer, dans un environnement reformé et propice à l’investissement’’.

Ibrahima S. Traoré, envoyé spécial à Sotchi pour guinee7.com

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