Actualité minière

Exploitation de l’or en Guinée : Que fait-t-on pour sauver l’environnement ?

Depuis 2011, les richesses minières ont été érigées par le gouvernement, le levier de l’économie guinéenne et 80% des exportations du pays. Aujourd’hui, L’or  occupe la deuxième place des ressources minières que la Guinée exporte après la bauxite. Le pays produit plus d’une dizaine de tonnes par an et se retrouve parmi les 10 premiers producteurs du continent africain.

Les activités d’exploitation de ce minerai  se font  essentiellement dans la partie Nord-Est du pays notamment dans les préfectures de Siguiri, Dinguiraye, Kouroussa et Mandiana. Dans ces villes, l’exploitation se fait de façon industrielle et artisanale. Mais que ce soit dans l’un ou l’autre cas, la recherche de ce métal jaune cause d’énormes impacts négatifs sur l’écosystème dans notre pays. Les localités où l’extraction de l’or se pratique sont directement les plus touchées. Le constat est alarmant dans les préfectures de Siguiri et Dinguiraye.

 Siguiri est l’une des plus grandes villes d’exploitation de l’or en République de Guinée. C’est dans cette zone se trouve également, la société aurifère de Guinée(SAG) filiale d’Anglo Gold Ashanti, réunion des groupes sud-africain (Anglo Gold) et du Ghanéen(Ashanti) l’une des toutes premières sociétés aurifères au monde et premier producteur de l’or en Guinée depuis 1992.

Mais à voir, les traces laissées par la SAG, dans son ancien site d’exploitation du district de Boukaria, nous nous interrogeons sur le plan de gestion environnementale de cette société  et la responsabilité des Ministères en charge des mines et de l’environnement pour l’application des textes de loi qui traitent cette question dans le code minier Guinéen en vigueur.

Boukaria à presque perdu son couvert végétal et une forte chaleur s’abat sur la communauté, signe d’un environnement gravement dévasté dans cette localité. N’en parlons pas des cours d’eau qui sont dans état catastrophique, exposés aux risques de pollution et de disparition.

A côté des dégâts environnementaux que les sociétés d’exploitations industrielles commettent sur la nature dans les zones aurifères de notre pays, il y a aussi ceux provoqués par les exploitants artisanaux.

Dans la préfecture de Dinguiraye par exemple, les sous-préfectures de Banora et de Diatiféré sont en proie à l’exploitation à outrance de l’or. Les impacts négatifs de l’activité des orpailleurs sur la biodiversité sont énormes. Les bois sont coupés pour servir de soutènement. Chose qui contribue a augmenté la chaleur. Les puits profonds sont creusés et sont laissés à l’abandon avec leur profondeur qui varie entre 25 à 70 mètres. Ce qui peut provoquer la mort de tout animal qui tombe dans ces trous. Les machines concasseuses travaillent au bord des rivières, toute la boue s’y déverse dedans. Cela a pour conséquences  la pollution de l’eau, rupture de la circulation de l’eau voir même son tarissement. Un autre facteur aggravant de la destruction de l’environnement dans la recherche de l’or est l’octroi des terres aux exploitants artisanaux qui ne sont pas minéralisés.

A Siguiri, les orpailleurs déplorent cet état de fait. La vente des parcelles pauvres en or aux orpailleurs. Cette situation cause assez de dégâts à l’environnement. Les orpailleurs invitent les autorités, d’anticiper une étude de géophysiques locale, c’est-à-dire creuser des puits dans chaque parcelle, afin de connaitre les zones minéralisées avant de les revendre. Cette étape pourrait  réduire la destruction de l’environnement.

Pour, la restauration des sites exploités ces exploitants artisanaux  relève de la Compétence du Département des mines. Selon certains orpailleurs rencontrés à Dinguiraye, les 10% de taxe prélevée sur chaque or gagné, destinés aux autorités minières  pourraient être utilisés pour fermer les trous ouverts par l’exploitation artisanale.  

En dehors de toutes les spéculations sur la protection de l’environnement dans le secteur miniers, la législation minière en vigueur dans le pays est très clair là-dessus.

En ce qui concerne l’exploitation artisanale le code minier de 2011 amendé en 2013 prévoit en son article 64 l’obligation des titulaires d’une Autorisation d’exploitation de restaurer le site couvert par son titre minier, en payant une caution dont les modalités de perception du montant sont fixés par l’arrêté conjoint des Ministres en charge des mines, de l’environnement et du budget pour garantir l’exécution de cette obligation de réhabilitation  des sites.

Dans le cadre de l’exploitation industrielle, l’article 143 du code minier insiste sur  la protection de l’environnement et de la santé des communautés par les entreprises.

Afin de garantir la réhabilitation et la fermeture des sites d’exploitation, l’article 144  stipule l’ouverture et l’alimentation d’un compte fiduciaire de réhabilitation de l’environnement par les entreprises minières

Malgré l’existence de ces textes, le constant sur le terrain prouve une dégradation poussée de l’environnement provoquée par l’exploitation de l’or dans les zones aurifère de notre pays.

Alors, nombreux observateurs se posent des questions de savoir si réellement les entreprises et les exploitants artisanaux paient-t-ils  les taxes liés à la protection de l’environnement ? Si oui que fait l’Etat de cet argent pendant que la vie est en train de devenir insupportable dans ces Zones minières à cause de la dégradation de l’environnement ?

Toumany Camara

Tél : 623-63-33-53

Show More

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button
Close