Actualité minière

Exploitation de la mine de fer de Yomboyéli : Ashapura critiquée dans sa démarche envers les communautés impactées.

Situé à quelques 1heure de parcours  à partir de la préfecture de Forécariah, le village yomboyéli dispose une Coline de minerai de fer qui était exploitée par Forécariah Guinée Mining(FMG) avant que la société ne parte en faillite en 2015.

La mine de yomboyéli est reprise aujourd’hui par la société indienne Ashapura. Celle-ci vient de procéder en ce mois de juillet 2020, son premier dynamitage  qui a causé des dégâts à la communauté de proximité. Et le pire pourrait venir si les populations riveraines ne sont pas déplacées avant de passer au prochain dynamitage.

« Regardez les murs de ma maison. J’ai une dizaine d’enfants qui passe la nuit avec moi ici. Nous avons vraiment peur de voir la maison s’écroulée sur nous  aux prochains dynamitages.je suis  contente de cette visite que vous êtes venus faire pour constater les dégâts que ce village subit. Nous vous prions de nous aider à faire passer nos messages au gouvernement afin qu’il nous vienne en aide » se lamente une vielle femme de plus d’une soixantaine d’années qui conduit notre équipe dans les chambres de sa concession à yomboyéli en nous montrant du doigt sur les murs, les fissures causées par le premier dynamitage que vient de faire, dit-elle, la société Ashapura.

Surplombé par la Coline de minerai de fer à laquelle l’administration minière attribue le nom : « mine de Yomboyéli » ; caché dans les feuillages d’une forêt silencieuse et entouré par un fleuve en forme d’un arc, voici  le village  yomboyéli.

Apparemment, il totalise à peine 50 habitations. Et la plupart des maisons de cette localité sont construites de briques en terre battue comme la plupart des villages en Guinée.

Sa proximité à la mine l’inflige souvent des dommages à chaque dynamitage. Comme on peut le constater sur la quasi-totalité des bâtiments dont l’image incarne l’impression des décombres d’un ancien champ de bataille. On y voit des cases détruites en partie, d’autres complètement rasées

Dans l’image qui suit les habitants de yomboyéli nous ont fait un témoignage pitoyable. « Là, il y a quelqu’un qui a trouvé la mort. Il était couché dans la case lorsqu’il y a eu le dynamitage. La case s’est effondrée sur lui. Et il n’a pas puis s’en sortir » témoignent les membres de la communauté qui nous faisait tourner dans le village en nous indexant les traces de cette case qui se reconnais maintenant par les seuls débris restants du soubassement.

Les maisons ne sont pas les seules à empatir les conséquences de l’extraction du minerai de fer de yomboyéli. Les impacts environnementaux sont aussi multiples. Après le dynamitage, il y a une sensation de pollution dans l’air. Pendant les minutes qui suivent cet acte, la communauté dit qu’elle aspire dans le vent, une sorte de gaz qui se  dégage et qui impacte leur santé. « Quand ils font le dynamitage, l’air que nous respirons ici nous rendent tous malade »,  nous a confié Mamadouba BANGOURA, âgé de 70 ans, représentant  de la notabilité de yomboyéli.

Non loin de la mine, se trouve la source de la rivière dans laquelle tout le village s’approvisionne en eau pour les besoins nutritionnels des familles. Aujourd’hui, la communauté s’est abstenue à servir de cette rivière. Pour elle, il y a eu de la pollution « Nous ne pouvons plus boire l’eau de l’unique source dans laquelle tout le village s’approvisionnait pour les besoins nutritionnels de la maison. Depuis qu’ils ont fait le dynamitage, l’eau de cette rivière à changer de couleur pour prendre une couleur rougeâtre. Nous avons demandé de nous faire au moins un forage ici, mais la société Ashapura ne nous a rien dit de clair. Nous ne jusqu’ici nous ne sommes pas relocalisés  et nous n’avons plus d’eau potable à yomboyéli. L’eau de notre rivière n’est plus propre. Souvent nous tombons malade, surtout nos enfants. Il est fréquent de voir ici au moins 5 enfants par jour qu’on transporte à l’hôpital» nous a fait savoir les membres de la communauté qui nous font visiter la rivière dans laquelle tout yomboyéli vient puiser l’eau.

Même les terres agricoles de yomboyéli ne s’échappent pas aux conséquences désastreuses du dynamitage. Celles-ci sont complètement appauvries aujourd’hui. Les cultures ne donnent plus convenablement comme avant l’arrivée des entreprises minières dans cette zone. L’arachide, le mil, le sorgo, les manguiers, les plantations de palmiers et d’orangers et des fruits de potagers, tous étaient riches en fuit ou grains par le passé. Mais aujourd’hui à yomboyéli, l’agriculture fonce vers la catastrophe sous l’effet du dynamitage. «  Moi je cultivais le gingembre à l’époque. Et c’est grâce à ça que j’ai pu construire une maison. Mais depuis qu’il y a eu le dynamitage, quand je cultive presentement le gingembre ça pourri » a affirmé au micro de nimba gold. Info, Mohamed kéro BANGOURA, natif de Yomboyéli.

Concernant l’utilisation judicieuse du dynamitage dans les mines, un cadre de la Direction Nationale des Mines nous a fait savoir le contenu des textes règlementaires pour  l’usage  des explosifs dans les mines. Selon lui, les textes disent que, les autorités préfectorales doivent surveiller  le moment du dynamitage dans les mines. L’entreprise qui procède à l’action doit s’assurer à ce que tout ce qui bouge soit immobilisé et éloigné des lieux d’explosion. Et après le dynamitage, la société prend à sa charge la réparation des dégâts dans les villages touchés, s’il y a eu.

Mais l’application de ce règlement est tout à fait autre chose dans les villages impactés par l’exploitation de la mine de yomboyéli. « Au temps de la société Forécariah Guinée Mining, quand ils sont prêts à faire le dynamitage, on nous déplaçait provisoirement et on donnait 10 millions de francs guinéens aux villages impactés à chaque fois qu’il y avait dynamitage» nous a dévoilé Mohamed kéro BANAGOURA.

Dans le code minier, les préalables sont prévus avant l’utilisation des explosifs dans les mines. L’article 149 de ce code stipule que des dispositions particulières  relatives à l’environnement, à la santé et à la sécurité font l’objet de textes règlementaires pris conjointement par les Ministres en charge des Mines, de la santé, de l’environnement et de la sécurité.

Selon nos informations la société Forécariah Guinée Mining (FMG) avait commencé le programme de relocalisation des communautés impactées par l’exploitation de la mine de yomboyéli à savoir : le village de Yomboyéli proprement dit ainsi que d’autres villages de proximité comme hèrèmakono, lansanayah et bassiyah.

La société avait entamé la construction des maisons dans la localité de consondougouyah où tous les villages impactés devaient être relocalisés. Mais suite à la faillite de la FMG en 2015, ce projet  est resté inachevé.

La charge d’achèvement de ce programme revient désormais à la société Ashapura qui a repris l’exploitation de la mine de yomboyéli en fin 2019.Mais pour l’heure, cela ne semble pas être la priorité de cette entreprise indienne.

Et d’ailleurs la communauté accuse celle-ci de les exproprier de leur terre sans aucune indemnisation. « Ashapura vient prendre nos terres pour faire le sondage sans nous informer encore moins de nous payer les indemnités » fustige Mohamed Kéro BANGOURA.

La mine de yomboyéli est située entre cinq villages. Il est impératif que l’Etat guinéen mette les bouchers doubles pour imposer à la société Ashapura pour qu’elle accélère le programme de relocalisation des villages dangereusement situés auprès de cette mine. Sinon, vu les impacts précédents constatés sur les habitations et sur l’environnement à yomboyéli, les prochains dynamitages il pourrait provoquer d’énormes dégâts matériels et humains

Affaire à suivre !

Envoyé spécial à Yomboyéli Toumany CAMAR pour Nimbagold.info

Tél :664-30-86-28

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