Interview

Ismaël DIAKITE président de la CMG : « Nous sommes des hommes d’affaires qui veillent à l’intérêt du secteur et à sa connexion avec les objectifs de développement économique et social de la Guinée»

Monsieur Ismaël DIAKITE, Directeur Général Adjoint de la société minière de Boké(SMB)  élu président du conseil d’Administration de la chambre des mines de Guinée le 27 septembre 2019.Nos reporters ont été à sa rencontre pour parler de cette structure qui regroupe les chefs d’entreprises minières évoluant en Guinée.

Nimbagold.info : Monsieur le président que pouvons-nous retenir de la chambre des mines de Guinée en terme de présentation ?

Ismaël DIAKITE : La chambre des mines de Guinée est une union patronale qui a été créée depuis 1998 par les chefs d’entreprises. A l’époque, nous étions constitués  comme une ONG. En raison des enjeux du secteur minier en ce moment, nous avons décidé de nous mettre ensemble pour à la fois protéger et promouvoir nos intérêts. Et en même temps, développer un partenariat avec l’ensemble des structures du secteur privé pouvant intervenir dans l’amélioration du climat  des affaires en Guinée.

Parlez-nous de sa  composition

 Nous avons le conseil d’Administration dont les membres sont élus. Aujourd’hui, nous sommes douze(12) membres à siéger au conseil d’administration. Et c’est ce conseil qui prend en charge l’ensemble des orientations des directives de l’assemblée générale pour développer des politiques, des stratégies en fonction justement de l’intérêt majeur que nous défendons. Ensuite, il y a un bureau exécutif qui se réuni pratiquement une fois par mois en fonction des sujets à débattre. Il fait des recommandations à l’organe supérieur qui est le conseil d’administration. Ce dernier  siège quant à lui tous les trimestres. Et en fin de compte, il y a la direction exécutive qui est l’organe d’exécution de toutes les tâches quotidiennes liées  au plan d’action et aux stratégies que nous  développons au niveau du conseil.

 Quelle est la place de la chambre des mines dans le secteur minier guinéen ?

 La chambre des mines de Guinée est un foyer d’idées, un foyer d’arguments et un foyer où  les chefs d’entreprises du secteur minier sont réunis pour pouvoir agir sur les politiques, les programmes qui influencent directement le secteur minier. Nous sommes une organisation d’hommes d’affaires qui veillent à l’intérêt du secteur et à sa connexion  avec les objectifs de développement économique et social de la Guinée.

Cela fait maintenant un mois que vous dirigez la Chambre des mines de Guinée, quelles sont les activités prioritaires que vous avez déjà entreprises sur le terrain ?

Il y a beaucoup d’activités que nous menons avec des partenaires au développement notamment dans le renforcement des capacités des membres de la chambre des mines et de tout ce qu’il y a comme structure d’accompagnement du secteur. Nous avons aussi  des programmes d’appui dans le domaine de la santé en faveur  des communautés environnantes ou même au niveau de nos travailleurs.

Notre priorité est aussi tout ce qui concerne la bonne gouvernance, la transparence dans le secteur minier. Nous siégeons dans des organismes nationaux et internationaux où nous faisons prévaloir nos intérêts et essayons  d’être en pleine conformité avec les standards, les normes en la matière. Nous travaillons sur toutes les questions transversales liées par exemple à la fiscalité interne ou bien à la fiscalité de porte qui agissent directement sur le niveau de nos entreprises en exploitation, tout en restant conforme à la prescription de l’Etat.

Nous avons beaucoup d’autres activités avec les partenaires au développement, notamment le système des nations unies, le fond des Nations Unies pour la population (UNFPA) et le fond des nations unies pour le financement du capital(UNFC) au bénéfice des guinéens.

Avez-vous des activités que vous réalisées dans le cadre de la promotion du contenu local ?

Bien entendu, ça c’est un élément essentiel de la politique du gouvernement. Le contenu local nous intéresse à plus d’un titre. Il y a un engagement fort de la part de nos membres. Et ceci se traduit non seulement par la promotion des emplois locaux, mais également les achats locaux, la sous-traitance locale et tout ce qu’il y a comme développement des capacités internes pour pouvoir positionner le secteur privé guinéen dans le domaine  de la fourniture des biens et services  aux entreprises minières.

Selon nos informations vous avez dans le passé dirigé la chambre des mines. Vous venez d’être élu encore pour diriger les destinées de Cette structure pour les prochaines années. Quels sont vos sentiments par rapport à ce choix porté une fois de plus sur vous  par vos paires ?

Pour être très précis là-dessus, c’est la première fois que je suis élu comme président  par les membres du conseil d’administration. Les deux précédentes fois étaient des présidences intérimaires.

Pour la première fois, c’était justement faire des reformes au niveau de la chambre des mines  de 1997-1998.En ce moment, il y avait nécessité de refondre les organes et même de donner un nouveau statut à la chambre. Un groupe a été mis en place pour réaliser cette réforme statutaire. L’honneur m’a été accordé de présider les travaux de ce groupe pour 6 mois. Et à la suite de ces travaux, la chambre des mines  a été transformée d’une ONG à une union patronale.

Puis en 2016, j’avais pris la succession du président  d’alors .Il s’agit de son excellence monsieur Mamady Youla  qui venait d’être nommé comme premier ministre . Et là je suis resté pratiquement 11 mois. Au bout du 11 ème mois, j’ai dû choisir d’autres projets pour aller travailler ailleurs. Donc là, j’ai fait une démission. La place est restée vacante.  C’était donc des présidences transitoires.

Et cette fois-ci, c’est une présidence où j’ai été élu par mes paires. Et je tiens à les remercier pour la confiance qu’ils ont placée en moi à l’occasion de cette élection-là. Et surtout je remercie  la direction  de la société minière de Boké(SMB) que je représente au sein de cet organe.

Quels sont vos programmes dans le futur ?

La chambre n’est pas une institution récente. Il a un passé. On va essayer de consolider l’ensemble des acquis de nos prédécesseurs  en particulier tout ce qui concerne l’organisation interne. Nous allons nous procurer d’un nouveau siège. Construire la maison du minier qui va être le point de rencontre de l’ensemble des chefs d’entreprises du secteur minier et des parties prenantes qui travaillent avec nous.

L’autre chose qui est important, c’est que la Guinée vient d’abriter le siège de l’organisation minière africaine. Et nous comptons comme nous l’avons déjà fait dans un passé récent, nous impliquer dans la consolidation de cet acquis. La Guinée étant un pays minier, il faudrait que cette présence d’une organisation africaine qui va travailler dans le secteur minier profite au mieux au secteur minier guinéen.

Nous allons aussi mettre en place, un cadre convenable à l’ensemble des chefs d’entreprises pour pouvoir discuter des grands axes de la politique minière guinéenne. Que ça soit le contenu local que vous avez évoqué tout à l’heure. La question de la gestion environnementale qui est fondamentale pour la soutenabilité, la durabilité de l’activité minière en Guinée.

Aussi, Dans le domaine de la gouvernance, nous avons des accords sur la formation professionnelle et sur les projets communautaires comme je le disais tantôt avec un certains nombres de partenaires étrangers. Nous allons les mettre en œuvre pour contribuer à aider nos collègues à mieux intégrer, les composantes sociales et communautaires dans leur politique de tous les jours. Ce sont des axes sur lesquels nous allons continuer à travailler.

 Toutes les entreprises minières évoluant dans notre pays à l’heure où vous nous accordiez cette interview sont-elles membres de la chambre des mines de Guinée ?

Pas toutes, il y a deux trois ou quatre du secteur formel qui ne sont pas encore membre. Mais une des démarche que nous allons faire, dans les prochaines semaines, c’est d’aller justement envers ces entreprises-là, pour leur faire connaitre la chambre des mines et le secteur minier d’avantage. Et je n’ai aucun doute que celles qui trainent les pieds vont finir par nous rejoindre. Parce qu’il y a beaucoup de sujets commun à nous tous. Qui ne pourront trouver leur solution qu’en mettant nos effort ensemble nos énergies ensemble et nos expertises ensemble.

A peu près  il y a combien de sociétés qui sont membres de la chambre des mines ?

On a une cinquantaine d’entreprises, à ce jour, réparties entre les différentes catégories de membre : les fondateurs, les membres affiliés, les membres associés et les titulaires.

Quels sont vos rapports avec le gouvernement guinéen ?

Ça ne peut se passer autrement que de la bonne manière. Nous sommes là, pas seulement pour protéger et promouvoir l’intérêt de nos membres. Mais nous sommes là également pour supporter le gouvernement et l’accompagner dans sa politique non seulement du développement du secteur minier dans les meilleures conditions possibles. Mais également d’une manière générale du développement économique et social du pays. Donc, on est un partenaire au gouvernement par rapport au secteur minier.

Quelles sont vos ambitions pour le secteur minier de façon générale ?           

Nous sommes tous engagés individuellement et collectivement à assurer un développement du secteur minier qui soit le plus harmonieux que possible tolèrent pour l’environnement, bénéfique pour les communautés et surtout soutenables pour le gouvernement aussi. Je pense que tout ce qui ressort de la politique du contenu local, tout ce qui ressort du plan de gestion environnemental auxquels chacune  de nos entreprises s’emploie à réaliser, constitue pour nous de bonne raison de croire qu’à long terme ce qui va faire le bénéfice pour nous tous :investisseurs miniers et gouvernement. Et qui fera en sorte que la Guinée tire le maximum de ressource de l’exploitation de ses ressources minières.

Quel message avez-vous à faire passer pour boucler cet entretien ?

Pour dire peut-être que le secteur minier guinéen est en plein essor. Il y a une attractivité et un intérêt manifeste de la part des investisseurs étrangers. On ne pourra jamais venir à bout de la valorisation de nos ressources minières, sans attirer, sécuriser et pérenniser les investissements. Donc on doit prendre conscience de cela, heureusement ça se traduit dans certaines politiques et on doit s’engager dans cette voie-là. La Guinée seule ne pourra jamais investir dans un secteur minier qui puisse profiter le plus largement, le plus durablement à la population guinéenne et au gouvernement guinéen. Donc c’est un appel à toutes les parties prenantes : les investisseurs, le gouvernement, les communautés, les partenaires au développement pour que nous puissons tous nous engagés dans une politique de sauvegarde de nos acquis et de promouvoir le  secteur minier guinéen, dans les meilleures conditions de sécurité et de durabilité. Voilà ce que je peux donner comme message.

Merci monsieur le président d’avoir répondu à nos questions

Je vous remercie

Entretien réalisé par Toumany CAMARA : 623-63-33-54

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